Lutte contre l’âgisme : le Québec se mobilise pour ses aîné-e-s

Ah, « ces retraités qui dépensent l’argent des jeunes travailleurs ! »« Ces vieux de 55 ans qui voudraient encore travailler »« Ces vieux malades qui envahissent les hôpitaux »… Qui n’a pas déjà entendu ces propos de la bouche d’un proche ou à la lecture d’un quotidien ? Pourtant peu de personnes ont conscience qu’il s’agit de propos discriminants. Cette discrimination porte un nom : l’âgisme. Le 19 mars dernier, les spécialistes de la question se sont retrouvés au Québec pour une journée de réflexion organisée à Montréal par l’Observatoire Vieillissement et Société . Etudes à l’appui, de nombreux stéréotypes sur l’âge ont été dénoncés et démontés. Le ton n’était pas à la victimisation des aînés, mais davantage à la mobilisation pour donner aux 300 participants, aînés, bénévoles, professionnels et étudiants, des armes pour lutter contre l’âgisme.

« Imaginons un instant que les aînés se mettent en grève… » c’est par ce clin d’œil que la ministre québécoise de la Famille et des Aînés Marguerite Blais a ouvert le débat, invitant le public et les intervenants à mesurer le rôle des aînés dans le fonctionnement de la société, à travers le travail, le bénévolat ou l’aide apportée au sein des familles.

Bouc-émissarisation des vieilles personnes

Les stéréotypes sur la vieillesse fréquemment employés dans la langue courante ont été pointés du doigt par l’autrice et chercheuse Juliette Pellissier. Comment est représenté le vieillissement démographique de la population ? Habituellement comme une « marée grise », un « tsunami démographique », une « menace » pesant sur le pays. Jamais comme une bonne nouvelle. Pourtant une société sans vieilles personnes serait surtout… une société où l’on mourrait jeune. Il y a 200 ans, 60 % des personnes de 20 ans étaient orphelines. Aujourd’hui une famille peut compter jusqu’à cinq générations.

Les personnes à la retraite sont souvent représentées, dans nos sociétés, par deux stéréotypes aussi caricaturaux l’un que l’autre. D’un côté la figure du senior aisé de 60-70 ans, présenté comme oisif et égoïste, ne vivant que pour ses loisirs. De l’autre, la « personne âgée dépendante », après 80 ans, dépeinte comme forcément malade et démente, devenue tout à coup une « charge » pour la famille, un « poids » pour la société. Le Monde illustrait sa une du 1er décembre 2008 « Le bonheur est-il réservé aux sexagénaires ? » par un dessin de Plantu clairement âgiste. On y voyait représenté d’un côté un « senior » riche, heureux et oisif, dérangeant une foule de jeunes chômeurs qui « voudraient bosser ». Pourquoi ces représentations alors qu’on sait qu’une très grande partie des retraités vit dans une situation de pauvreté ? Peut-être justement pour masquer cette réalité de pauvreté ou pour masquer l’importance du rôle des retraités dans les activités associatives ou dans l’aide au sein des familles, sujets moins médiatiques. Ces stéréotypes sont inquiétants car ils ont en commun d’être accusateurs envers un groupe d’âge. Cela ressemble à une bouc-émissarisation d’un groupe de personnes ayant en commun un seul critère, l’âge, mais pointé comme coupable à lui seul de tous les maux de la société.

La comédienne québécoise Béatrice Picard a aussi dénoncé ces stéréotypes en s’en amusant et en rappelant les nombreuses expériences positives du vieillissement. C’est aussi sous l’angle humoristique qu’un des aînés membre de l’Observatoire Vieillissement et Société, s’était déguisé en mi-jeune /mi-vieux. Baskets, jogging, casquette d’un côté, costume, cravate, cheveux gris de l’autre, ce « clown » déambulait auprès des participants avec un message simple : jeunesse et vieillesse cohabitent en tout être humain, à tout âge. Seul l’âgisme est à l’origine de l’opposition radicale entre l’enfant et la personne âgée.

Agisme au travail

Martine Lagacé, docteure en psychologie sociale et professeure en communication, a démontré les coûts de l’âgisme au travail pour l’individu, l’entreprise et la société. Le milieu du travail est un terrain particulièrement favorable aux stéréotypes et croyances âgistes. Un avis partagé par Marcel Mérette, professeur de Science économique à l’Université d’Ottawa, venu présenter les résultats d’une étude singulière. Une simulation économique a permis d’évaluer l’impact sur le PIB d’un retrait hâtif et non voulu de travailleurs âgés de 60 à 64 ans. Pour l’année 2008, si le taux d’activité des 60-64 ans avait été de 60%, le PIB aurait connu une augmentation de 0,98%. Un autre scénario du modèle envisage une projection en 2020, en intégrant les changements démographiques mais en appliquant un taux d’activité des 60-64 ans constant : le PIB connaîtrait alors une baisse de -1,2%.

Agisme à l’hôpital

Au niveau médical, les questions de maltraitance font souvent la une des media. La discrimination peut prendre des formes moins visibles. Marie Jeanne Kergoat en a cité quelques exemples. Une personne âgée ressent une douleur. Elle pourra s’entendre dire « c’est normal, c’est l’âge » et les troubles de la douleur ne seront pas dépistés… Gériatre, M.J. Kergoat a cherché à comprendre les causes de l’âgisme à l’hôpital. Le modèle biomédical y règne : les professionnels viennent y travailler en raison du caractère aigu et de la technicité des soins offerts, voire du prestige et de la rémunération. Or qu’y trouvent ils ? Des personnes âgées, atteintes de maladies chroniques, souvent difficiles à traiter car atteintes de polypathologies et ayant besoin d’une récupération plus longue. En résulte un décalage entre le désir de ceux qui offrent les soins et les attentes des personnes qui viennent s’y faire soigner : « les malades qu’on rencontre ne sont pas ceux que l’on voudrait rencontrer ». Ce décalage peut être à l’origine de pratiques âgistes. Tout comme le fonctionnement même d’un hôpital : les services sont spécialisés et la durée de séjour restreinte. Repenser l’organisation de l’hôpital et la formation des professionnels est donc capital. Et selon M.J. Kergoat, cela passe par une loi, étape essentielle dans la lutte contre tous les « ismes ».

Agisme scientifique

Le géographe de la santé Jean Pierre Thouez a endossé le rôle de critique de la recherche scientifique, en mettant en garde le public contre l’âgisme dans la littérature scientifique. La nomenclature en classes d’âges présente souvent le groupe « âgé » comme « les 70 ans et plus », ou « 65 ans et plus », à l’inverse des classes d’âge inférieur, plus étroites. Cette vision large de la vieillesse empêche d’avoir une connaissance fine et nuancée des personnes ayant plus de 65 ou 70 ans.

Un certain nombre de préjugés concernant les capacités physiques et mentales des personnes âgées ont été mis à mal par le professeur de psychologie à l’Université du Québec à Montréal et chercheur Louis Bherer. Au-delà d’exemples de personnes vieillissantes ayant réalisé des exploits intellectuels ou sportifs, le chercheur a rappelé l’existence d’études montrant l’impact de l’activité physique sur la longévité (deux ans de hausse d’espérance de vie en moyenne). Selon lui, bien plus que l’âge, c’est la sédentarité qui peut être un facteur discriminant, une activité physique régulière favorisant l’intégrité des fonctions cérébrales. Autre coupable : nous-mêmes ! Un cerveau qui s’autodévalue fonctionne moins bien. C’est donc l’autodévaluation liée à son âge, souvent intériorisée par les personnes vieillissantes qui peut aussi entraîner un moins bon fonctionnement du cerveau.

Joséphine Loock,
Chercheuse sur la perte d’autonomie au Québec.

Journée de réflexion organisée le 19 mars 2009 par l’Observatoire Vieillissement et Société.
Avec le soutien de l’Institut Universitaire de Gériatrie de Montréal et du Ministère de la Famille et des Aînés.

Publié dans Réflexions | Laisser un commentaire

Au Parlement Européen, l’anti-racisme révèle l’âgisme

L’origine de l’affaire est malheureusement banale : Jean-Marie Le Pen, comme il le fait depuis 50 ans, réitère l’une de ces sorties – ici négationniste – dont il a le secret pour complaire ses sympathisants et faire parler de lui.

Mais voilà : il le fait dans l’enceinte du Parlement européen. Un parlement européen dont il pourrait présider la séance inaugurale de la prochaine session, en juillet prochain, en tant que doyen d’âge (tâche purement honorifique).

De nombreux députés réagissent alors, considérant qu’il n’est pas possible de laisser un député tenant ainsi des propos négationnistes présider cette séance inaugurale.

On pouvait dès lors s’attendre à ce que ces députés trouvent pour empêcher cela un moyen adapté, en lien avec la nature des propos tenus.

Ce serait sans doute ce à quoi nous aurions assisté si ces députés n’étaient pas aussi âgistes que la culture dans laquelle ils baignent, faisant désormais de l’âge avancé la cause de toutes les tares mentales ou politiques et du jeune âge la garantie d’une pensée et d’un avenir radieux.

On a pu ainsi entendre ces derniers jours :
– Daniel Cohn-Bendit s’exclamant “On ne veut pas des croulants” et trouvant totalement « ringard » que ce soit le doyen d’âge d’une assemblée qui en préside la séance inaugurale ;
– le président du groupe libéral et démocrate, Graham Watson, insistant sur l' »octognéaire raciste » ;
– le président du groupe socialiste, le social-démocrate allemand Martin Schulz, insistant sur le « vieux fasciste ».

Etonnantes expressions : certes, Jean-Marie Le Pen est âgé de 80 ans, mais que vient donc faire ici son âge ? Pourquoi n’entendait-on pas autrefois ces mêmes députés, ou leurs collègues, le qualifier de « quinquagénaire raciste » ou de « jeune fasciste » ? Pourquoi n’a-t-on jamais entendu aucun de ces députés qualifier Daniel Cohn-Bendit de « sexagénaire écolo » ?

Pourquoi ces « 80 ans », cette « vieillesse » n’apparaissent-ils ainsi que >>reliés « fascisme », au « racisme », au « ringard » ?
Belle éruption symptomatique de l’âgisme ambiant, d’autant plus parlante que, s’il est une personne qui témoigne parfaitement n’avoir pas attendu 80 ans pour être raciste et négationniste, c’est bien Jean-Marie Le Pen.

Jean-Marie Le Pen qui offre donc un prétexte pour modifier le règlement intérieur du Parlement européen : ce ne sera plus le doyen d’âge qui ouvrira la session inaugurale. Cette expression symbolique du lien qui existait autrefois dans notre culture entre âge et expérience n’a donc désormais plus de sens.

Jeunisme oblige, Cohn-Bendit est ensuite allé jusqu’au bout de sa logique : « Nous sommes pour que ce soit la députée la plus jeune qui ouvre la session ».

« On ne veut pas des croulants »…
Ironie de l’histoire : lorsqu’il hurlait ce slogan en mai 68, Daniel Cohn-Bendit visait des personnes qui avaient alors environ l’âge qu’il a aujourd’hui. Grâce à Le Pen et à ses 80 ans, il peut maintenant repousser la limite du « croulant » et se croire toujours tout jeune. Dans 20 ans, lorsqu’il se battra pour garder son mandat de député européen, il poussera sans doute vers la porte le « croulant » député centenaire du banc d’à-côté…

Ironie de l’histoire, certes, mais signe de temps et d’esprits fortement âgistes que toutes ces expressions de la bouc-émissarisation continuelle du grand-âge et des vieilles personnes.

Publié dans Actualité | Laisser un commentaire

Délibération de la Halde sur un refus de participation à un concours télévisuel

DÉLIBÉRATION RELATIVE AU REFUS DE PARTICIPATION D’UNE CANDIDATE À UNE ÉMISSION TÉLÉVISÉE EN RAISON DE SON ÂGE N° 2009-24 DU 02/02/2009

En 2006, le réclamant âgé de 41 ans se voit refuser en raison de son âge la participation à un concours qui permet de découvrir un nouveau talent dans la chanson et qui est diffusé à la télévision. L’interdiction des différences de traitement fondées sur l’âge en matière de travail non salarié et bénévole est expressément prévue depuis le 27 mai 2008. La loi permet néanmoins de justifier des différences de traitement fondées sur des exigences professionnelles essentielles, lesquelles doivent être entendues strictement, reposer sur des éléments objectifs et transparents et ne viser que des activités spécifiques. Or, ni le législateur ni l’exécutif n’ont encore défini d’exception visant les âges limites. En tout état de cause, la société de production et la chaîne de télévision mises en cause n’ont pas démontré en quoi le fait d’empêcher la participation de toute personne de plus de 34 ans était essentiel, déterminant, légitime et proportionné à l’objectif de révéler un chanteur inconnu du public et de lancer sa carrière. En conséquence, l’impossibilité pour toute personne de plus de 34 ans de participer à ce concours télévisé constitue une discrimination au sens de l’article 2 de la loi de 2008. La HALDE recommande l’abrogation de la limite d’âge supérieure dans le règlement du concours. Elle recommande également au gouvernement de préciser la portée de la dérogation prévue par l’article 2 de la loi n°2008-496 du 27 mai 2008 et demande à être consultée par le gouvernement

Direction Juridique, HALDE – 02/02/2009

Publié dans Ressources | Laisser un commentaire

Solidarité ou infantilisation ?

Depuis quelques jours, une pétition circule dans la région grenobloise. Elle appelle à réagir face à la décision du SMTC (Syndicat Mixte des Transports en Commun) de Grenoble de ne plus accorder la gratuité des transports, aux heures creuses, aux personnes de plus de 65 ans (gratuité établie en 1974 sous la forme d’une carte dite « carte émeraude » ; gratuité qui, soit dit en passant, se payait cher socialement, puisqu’elle incitait les « plus de 65 ans » à ne se déplacer qu’à certaines heures…).

La SMTC a indiqué également vouloir, dans le même temps, mettre en place un autre dispositif permettant de proposer des tarifs réduits aux personnes à faibles revenus – et indépendamment de leur âge, donc.

Bref, une pétition circule depuis, émanant de plusieurs organisations syndicales, présentant la suppression de cette gratuité pour les personnes de plus de 65 ans comme une forme de « régression » allant à l’encontre de la « solidarité avec les personnes âgées ».

Nous sommes nombreux, ces organisations incluses, à dénoncer les discours qui présentent les « retraité-e-s ou « les personnes âgées » ou « les seniors » comme toutes et tous aisé-e-s… et nous les dénonçons notamment en rappelant incessamment la réalité, à savoir que l’appartenance à un groupe d’âge n’a jamais fait la richesse ou la pauvreté : comme dans toutes les autres catégories d’âge de la population, parmi les vieilles personnes, beaucoup vivent dans des situations économiques difficiles, un certain nombre sont économiquement à l’abri du souci, et une minorité possèdent revenus et patrimoines importants.

Autrement dit, parmi ces personnes de « plus de 65 ans », beaucoup peuvent tout à fait payer leurs déplacements, et certaines ne le peuvent que difficilement – ce sont celles-là qu’un SMTC doit soutenir, comme il doit soutenir les personnes de tous les autres âges éprouvant ces mêmes difficultés.

Proposer que les retraités, au prétexte de l’âge ou du statut de retraité, aient un accès gratuit aux transports quelles que soient leurs ressources, nous paraît dangereux. Une telle démarche
– participe de l’homogénéisation d’une catégorie de la population où s’observe surtout, comme dans les autres, la diversité importante des situations socio-économiques ;
– ne fait que remplacer une perception caricaturale (les « seniors aisés ») par une autre caricature (les « personnes âgées pauvres ») ;
– risque d’attiser fortement ces formes d’âgisme qui reproche aux ainé-e-s d’être privilégié-e-s par rapport aux plus jeunes ;
– enfin, déresponsabilise et infantilise socialement les personnes de plus de 65 ans elles-mêmes.

Considérer qu’une personne ayant les moyens de payer ses trajets doive en être dispensée au nom de son âge constitue clairement à nos yeux une forme masquée, mais néanmoins dangereuse, de condescendance et d’âgisme. La « solidarité avec les personnes âgées » consiste avant tout, rappelons-le, à percevoir et traiter les citoyens et adultes âgés comme des citoyens et adultes ayant les mêmes responsabilités, droits et devoirs que les autres citoyens et adultes.

Publié dans Actualité | Laisser un commentaire

Seniors, des locataires indésirables

Un article de Nolwenn Le Blevennec, France Soir, jeudi 26 mars 2009

 » Le logement des seniors est l’un des thèmes retenus, à partir de jeudi et jusqu’à samedi, par le 11e Salon des seniors. L’occasion pour nous d’évoquer un phénomène qui touche cette population : la discrimination à la location.
Marie-Claude (*), 61 ans, reçoit un salaire confortable de 3.300 euros net par mois. Elle travaille au ministère de la Culture. « Je suis célibataire et je ne fais pas de bruit », précise-t-elle, en bonne élève. Marie-Claude doit déménager mi-avril. Elle pensait vraiment trouver une autre location, facilement. Mais, ces dernières semaines, son dossier a été rejeté plusieurs fois. Deux fois pour la même raison : « trop vieille ». « Je n’aurais jamais imaginé que ce soit possible », dit-elle. Et Marie-Claude de s’inquiéter : « La dernière fois, le bailleur a préféré prendre un couple d’infirmiers qui gagnaient, à deux, la même chose que moi. Je commence à me décourager. »

Une pratique très répandue

Ouriel Bennaim, directeur d’une agence Orpi, connaît bien le problème : « J’ai, en ce moment, une cliente de 68 ans qui a beaucoup de mal à trouver un logement à cause de son âge. » Pierre Moreau, directeur d’une agence immobilière à Paris, renchérit : « Les vieux, c’est comme les personnes de couleur, c’est de plus en plus difficile de leur trouver une location.

La Haute Autorité pour la lutte contre la discrimination (Halde) commence, elle, tout juste à appréhender le phénomène. « Nous avons mis du temps à réaliser, nous pensions toujours que le rejet était une question de revenu ou d’origine. Mais, cette année, des dossiers très spécifiques sont arrivés. Nous avons découvert que la discrimination des seniors, dès 65 ans, était une pratique très répandue, que tout le monde connaissait », analyse Fabien Dechavanne, chef du pôle « Biens et services » à la direction juridique de la Halde. En ce moment, de plus en plus de seniors se disent victimes de cette pratique. « A cause de la crise », s’avance Ouriel Bennaim. Peut-être aussi parce qu’il y a plus de demandes : les seniors baby-boomers sont plus mobiles que leurs parents.

Effet pervers de la loi Mermaz

Ce n’est pas du « racisme anti-vieux ». Fabien Dechavanne explique le phénomène : « C’est en fait un effet non voulu de la loi Mermaz, qui date de 1989. » L’article protège les personnes âgées d’une expulsion trop brutale. Un locataire âgé de plus de 70 ans qui a de faibles ressources ne peut être délogé que si le propriétaire lui trouve un appartement de remplacement, « situé dans le voisinage ». Cette loi, Fabien Dechavanne la juge bien faite, mais mal interprétée : « Les agences immobilières et les propriétaires comprennent “à partir de 65 ans, l’expulsion n’est plus possible”, donc ils refusent de louer. »
En cas de discrimination avérée, il faut contacter la Halde, constituer un dossier contenant des preuves (témoignages, enregistrements). Si le dossier est assez solide, le locataire peut espérer recevoir des indemnités de l’ordre de trois fois le montant du loyer.  »

(*) Le prénom a été changé.

Publié dans Ressources | Laisser un commentaire

HALDE, RSA et personnes de moins de 25 ans

Saisie en septembre 2008 d’une réclamation du Groupe d’information et de soutien des immigrés (GISTI) au sujet du projet de loi généralisant le revenu de solidarité active (RSA), la Halde (haute autorité de lutte contre les discriminations et pour l’égalité) s’est notamment penchée, dans sa délibération n° 2008-228 du 20 octobre 2008, sur l’exclusion des moins de 25 ans du dispositif.

« Le collège de la Haute autorité constate l’existence d’une différence de traitement fondée sur l’âge des personnes actives, seuls les salariés de plus de 25 ans pouvant bénéficier de l’accompagnement financier prévu par le nouveau dispositif. Or, une telle différence de traitement n’est licite que si elle est justifiée de façon objective et raisonnable. »

On verra ci-dessous que si cette justification pouvait sembler légitime avec le RMI, elle devient plus que fragile avec le RSA, dont la finalité est bien différente.

L’intégralité de la délibération :
http://www.halde.fr/IMG/pdf/2008-228.pdf

Extrait de la délibération concernant la condition d’âge :

 » b/ La condition d’âge

Selon la réclamation, la condition d’âge (plus de 25 ans) fixée pour le bénéfice du RSA par l’article 2 (alinéa 24) du projet de loi est de nature à constituer une discrimination fondée sur l’âge.

Au niveau communautaire, la directive 2000/78/CE du Conseil du 27 novembre 2000 portant création d’un cadre général en faveur de l’égalité de traitement en matière d’emploi et de travail ne paraît pas pouvoir s’appliquer en l’espèce, le considérant n° 13 excluant de son champ d’application les « versements de toute nature effectués par l’Etat qui ont pour objectif l’accès à l’emploi ou le maintien dans l’emploi ».

Au niveau européen, le Collège de la haute autorité relève que, s’agissant du RMI, le Comité européen des droits sociaux du Conseil de l’Europe a estimé, sur le fondement de l’article 13 (Droit à l’as sistance sociale et médicale) de la Charte sociale révisée, que : « l’exclusion des personnes de moins de vingt -cinq ans du RMI et l’insuffisance des autres mesures d’assistance sociale prévues pour ces personnes en cas de besoin ne sont pas conformes à cette disposition de la Charte » (Conclusions XV-1 – 01/01/2000).

Surtout, le Collège de la haute autorité constate que la jurisprudence de la Cour européenne des droits de l’homme contraint les Etats membres du Conseil de l’Europe, lorsqu’ils mettent en pl ace une législation prévoyant le versement automatique d’une prestation sociale, au respect des dispositions combinées de l’article 14 de la Convention prohibant les discriminations et de l’article 1er du 1er Protocole additionnel garantissant le respect des biens.

En l’espèce, l’article 2 du projet de loi généralisant le RSA, dispose que le bénéficiaire doit « être âgé de plus de vingt-cinq ans ou assumer la charge d’un ou plusieurs enfants nés ou à naître ».

Une condition d’âge identique a été mise en place par l’article 2 de la loi n° 88-1088 du 1er décembre 1988 relative au RMI dans le but d’inciter les jeunes de moins de 25 ans à se diriger vers les dispositifs de formation et le marché de l’emploi.

L’article 1er de la loi énonçait en effet que « toute personne qui, en raison de son âge, de son état physique ou mental, de la situation de l’économie et de l’emploi, se trouve dans l’incapacité de travailler, a le droit d’obtenir de la collectivité des moyens convenables d’existence ».

Au regard de la nature de la prestation, la condition d’âge pouvait ainsi paraître adaptée au but visé, lequel consistait à éviter de faire du RMI une « trappe à inactivité » susceptible de dissuader les jeunes de moins de 25 ans de se former ou de travailler.

Or, la finalité du RSA paraît sensiblement différente de celle du RMI. Selon l’exposé des motifs du projet de loi, il s’agit à travers ce texte, de « faire des revenus du travail le socle des ressources des individus et le principal rempart contre la pauvreté ». Selon l’article 1er du projet de loi, le RSA « garantit à toute personne, qu’elle soit ou non en capacité de travailler, de disposer d’un revenu minimum et de voir ses ressources augmenter quand les revenus qu’elle tire de son travail s’accroissent ».

Le dispositif mis en œuvre prévoit, en particulier, un complément de revenu pour les foyers dont les membres ne tirent que des ressources limitées de leur activité ; selon l’exposé des motifs du projet de loi, « le mécanisme est conçu de telle sorte que toute progression des ressources tirées de l’exercice d’une activité professionnelle se traduise par une baisse du RSA inférieure au montant de cette progression, aux fins que le ressources globales de la
famille progressent en raison des revenus d’activité perçus ».

Au regard de ces éléments, le Collège de la haute autorité constate l’existence d’une différence de traitement fondée sur l’âge des personnes actives, seuls les salariés de plus de 25 ans pouvant bénéficier de l’accompagnement financier prévu par le nouveau dispositif. Or, une telle différence de traitement n’est licite que si elle est justifiée de façon objective et raisonnable, c’est -à-dire si elle poursuit un but légitime et qu’il existe un rapport raisonnable de proportionnalité entre les moyens employés et le but visé.

Interrogé sur ce point, le Haut commissaire aux Solidarités actives n’a adressé à la haute autorité aucune observation.

En conséquence, le Collège de la haute autorité demande au Haut commissaire aux Solidarités actives que soit réalisée une étude sur les conséquences de la condition d’âge fixée pour les bénéficiaires du RSA, au regard en particulier des difficultés d’insertion sociale et professionnelle des jeunes âgés de moins de 25 ans.  »

Publié dans Ressources | Laisser un commentaire

Ages et conduite automobile

La Prévention routière vient de publier une étude sur « les personnes âgées et le risque routier », étude qui s’ajoute à celle de 2008 sur « les jeunes conducteurs ».

A lire pour relativiser certaines idées reçues…

Continuer la lecture

Publié dans Ressources | Laisser un commentaire

Agisme et médecins anglais

Une enquête de l’association britannique Help the aged, menée auprès de deux cents médecins membres de la Société britannique de gériatrie, montre que 66% des médecins pensent que des examens complémentaires ne seront pas demandés pour explorer les symptômes présentés par des personnes âgées.

72% des médecins interrogés pensent que les personnes âgées bénéficient moins souvent de traitements neurochirurgicaux ou de chimiothérapies anti-cancéreuses.

77% des médecins interrogés se déclarent favorables à des lois contre la discrimination liée à l’âge dans l’accès aux prestations du service national de santé (NHS).

www.telegraph.co.uk, 26 janvier 2009.

Publié dans Ressources | Laisser un commentaire

Personnes âgées et dépendance

Florence Leduc,
directrice du secteur formation et de la vie associative à la FEHAP
(fédération des établissements hospitaliers et d’aides à la personne privés non lucratifs)

Personnes âgées et dépendance

« L’augmentation du vieillissement de la population n’est plus à démontrer, notamment dans la société occidentale, et particulièrement en France.

Le nombre de personnes ayant des incapacités va doubler d’ici 2010, nous dit-on.

Est-ce une chance pour la société comme se réjouissent les uns, est-ce un poids ou un fardeau comme le craignent les économistes, est-ce tout court une donnée à envisager pour faire en sorte que chacun ait sa place dans la société ?

Mais pendant que s’allonge la durée de vie, plusieurs phénomènes s’entrecroisent et s’entremêlent ; d’une manière générale, grâce aux bénéfices des années d’après guerre, les gens vieillissent plus longtemps et mieux ; l’alimentation, les conditions de vie, la médecine, la diminution de la pénibilité au travail, tout cela concourt à de meilleurs états de santé, à une transformation de l’apparition de la dépendance ; mais pendant le même temps, ceux qui deviennent dépendants vieillissent plus longtemps en situation de dépendance ; pendant le même temps, plus la durée de vie augmente, plus il y a de chances (ou de risques) pour que les hommes et les femmes vieillissants (les femmes surtout) aient une maladie d’Alzheimer ; 800 000 cas recensés, bien plus nous disent des experts, faute de diagnostic précoce la maladie d’Alzheimer touche et touchera les plus vieux d’entre nous au cours de leur parcours de vie.

Mais comme tout cela ne va pas tout seul, il se trouve que les gens ne vieillissent pas, ni de la même façon, ni aussi longtemps les uns que les autres ; ça dépend du niveau scolaire, ça dépend du niveau de vie, ça dépend de la pénibilité au travail : face au vieillissement, nous ne sommes pas tous égaux ; le niveau des ressources en rajoute et on devient plus dépendant lorsqu’on a les ressources les plus faibles.

Et puis, il y a les maladies : les maladies cardio-vasculaires, les cancers, touchent les hommes et les femmes âgés relativement tôt dans leur vie ; ça laisse des traces (hémiplégie) ou ça aide à mourir.

Les aidants familiaux sont au rendez-vous ; quelles que soient les approches, quelles que soient les études, tout concourt à pointer la présence, voir l’omniprésence des aidants familiaux, que les personnes soient âgées, adultes handicapés, ou enfants malades ou handicapés.

Ces aidants (que l’on appelle également des aidants naturels) sont lourdement mis à contribution.

L’enquête HID (Handicap Incapacité Dépendance) a mis en évidence le rôle déterminant joué par l’entourage proche des personnes se trouvant en situation de handicap quel que soit leur âge.

En population générale, plus de 5 millions de personnes déclarent bénéficier de l’aide régulière d’une autre personne, qu’elle soit un membre de la famille ou qu’elle appartienne à son entourage.

Pour les personnes âgées de plus de 60 ans, elles sont plus de 3 millions à bénéficier d’une aide d’un proche, le recours à une aide augmentant corrélativement avec l’âge.

Tous ces chiffres nous racontent que la moitié des personnes ayant besoin d’aide sont exclusivement aidées par leur famille et que par ailleurs sur l’autre moitié, 8 personnes sur 10 sont aidées par une aide professionnelle et un membre de l’entourage ; seules 2 personnes sur 10 n’ont pas d’aide de leur entourage, soit qu’il n’ait jamais existé, soit qu’il n’existe plus.

Ces aidants familiaux apportent une aide avec des conséquences importantes sur leur vie personnelle. Presque la moitié d’entre eux sont attachés au point de ne plus pouvoir partir en vacances ou prendre leurs distances ; pour certains il a fallu réaménager le travail, pour d’autres abandonner l’activité professionnelle ; les conjoints s’occupant d’un époux ou d’une épouse atteint de la maladie d’Alzheimer s’exposent par ailleurs à des risques de fatigue, de maladie et de surmortalité.

Toutefois, les questions se posent sur le maintien de l’aide familiale à hauteur de ce constat, que ce soit par l’analyse des mutations géographiques, de l’évolution des liens familiaux et des recompositions familiales, de l’évolution des comportements, qu’en sera-t-il de l’aide familiale dans les décennies à venir ?

Le libre choix du mode et du lieu de vie des personnes âgées est proclamé par tous.

Encore faut-il que ce choix existe.

Encore faut-il que l’évaluation de la situation avec la participation active de la personne et de son entourage ait été mis en œuvre.

Encore faut-il que soit clarifiée, solvabilisée, l’offre de service correspondant aux besoins et aux attentes.

En l’état actuel de la situation, une offre diffuse existe, inégalement répartie sur le territoire entre domicile et institution ; entre pénurie et concurrence, toutes les situations sont au rendez-vous.

Les lois portant sur la décentralisation (loi du 13 août 2004), sur l’organisation sociale et médico-sociale (loi du 2 janvier 2002), sur l’égalité des droits des chances, la citoyenneté et la participation (loi du 11 février 2005) sont censées penser une organisation territoriale permettant à terme l’exercice du libre choix, si tant est que les contraintes inhérentes à la dépendance soient compatibles avec les notions de choix et de liberté qui à un certain niveau sont redondantes.

Services publics, services privés, entreprises à but lucratif, existent, se développent, se font concurrence ; au milieu de tout cela, entre croyances sur les valeurs de la concurrence et foi dans une organisation territoriale, du chemin reste à parcourir pour permettre à chacun de trouver, quel que soit son lieu de résidence, le où, le quand, le comment, il va vivre ses vieux jours.

Il faut soigner, aider et accompagner les vieilles personnes en situation de besoin d’aide, celles qu’on appelle dépendantes, car elles dépendent d’un autre pour les actes de la vie quotidienne et les soins, un autre qui fait, qui aide à faire ou qui stimule, pour qu’au quotidien cette vie ait un sens.

Des efforts sans précédent sur la professionnalisation ont été engagés.

Plus de diplômes, plus de référentiels métiers, plus de personnels compétents, mais aussi qualifiés, cela constitue le credo de tout le monde.

A condition que cela ne coûte pas cher, pas trop cher, le moins cher possible.

Tiraillés par le prix, par la qualité, les paradoxes et les contradictions se cumulent et s’accumulent.

Les outils d’éligibilité aux prestations confondent dépendance, besoin d’aide, qualification requise. Plus on avance et plus les questions se posent ; le social et l’économique ne seraient-ils pas antinomiques ?

La professionnalisation du secteur de l’aide et des soins est en marche.

En quatre ans, la réforme a avancé davantage que durant les 30 années précédentes.

Cela commence par la démarche qualité, les référentiels métiers, les référentiels formation, l’aménagement des conventions collectives amenant des précisions sur la définition des emplois et la rémunération des agents, la loi du 2 janvier 2002 et ses outils, notamment ceux en direction des usagers… Il reste encore à travailler sur les organisations du travail, les circuits institutionnels, les relations avec les responsables des politiques publiques.

Et toujours et toujours à former le personnel, les intervenants de terrain, les responsables de l’encadrement, les gestionnaires.

Il faut former à organiser, à gérer, à planifier, mais aussi à soigner, à aider, à accompagner la vie, la maladie, le handicap, la fin de vie. Cela demande des moyens considérables, les efforts du secteur sont importants.

Pendant le même temps, nous devons rester vigilants car toutes les vieilles personnes ne sont pas logées à la même enseigne. Ca dépend de leur lieu d’habitation, de leurs ressources, de leur régime d’appartenance.

Une croyance bien chevillée au corps nous enseigne que les besoins les plus lourds sont les plus légitimes, mais les besoins les plus légers sont aussi des besoins. Ils nécessitent à hauteur de besoins une prise en compte et une prise en charge adaptées à la légèreté de la charge en soins et en aide.

Pendant le même temps, le regard sur les vieux évolue peu.

La canicule aurait dû, aurait pu, nous enseigner que les citoyens âgés sont des citoyens tout court ; partir plus tôt, partir plus tard, est-ce bien important puisqu’on est vieux ?

Trouver un lit de spécialités pour une vieille personne hospitalisée en urgence, cela relève du casse tête.

Trouver un chirurgien pour opérer, reconstruire et rééduquer, ce n’est pas une évidence.

Appareiller, adapter ou aménager le logement, est-ce bien nécessaire quand on est vieux ?

Et puis, les vieux coûtent chers. Lorsque l’on regarde la presse, les grands titres traitent du problème des vieux, du coût de la retraite, du poids des prestations sociales ; et ce jour férié ?

Les choix politiques ont porté sur la décentralisation. Comment l’Etat va-t-il s’assurer de l’équité et de l’égalité de traitement lorsque chacun pour sa part (légitimement ?) vote ses budgets, définit ses priorités, aménage les textes, pour le bien de tous, pour le meilleur et pour le pire.

Les valeurs liées à la solidarité nationale en prennent un coup ; bien que, quoi que et si tout était possible au niveau local !

Pendant le même temps, le marché est en marche. Le nombre annoncé de vieux laisse à penser qu’il y a aussi un marché. Cette question du marché est activée depuis de nombreuses années, intimement liée à la question de l’emploi ; dès 1991, ce secteur est investi pour créer de l’emploi, ces emplois ressemblant à l’époque beaucoup plus à des petits boulots ; puis en 1996, une loi ouvre le champ des services aux personnes, aux entreprises privées à but lucratif sans distinction de population ordinaire et de personnes fragilisées ; le projet Borloo ne fait que réveiller cette possibilité pour le marché d’investir de l’activité.

Tout cela mérite, mériterait une réflexion en amont sur une organisation sociétale capable de repérer puis d’organiser des réponses de manière adaptée.

Par rapport à ce constat, et malgré les incantations réitérées, le rapport aussi célèbre que volatile, la place des vieilles personnes dans la société mérite et mériterait débat. Cette place s’entend comme une place citoyenne, cette place s’entend sans les stigmates de l’âge ; une place tout simplement, pas une place réservée, pas le droit à une place.

C’est que les vieilles personnes ont des choses à dire, ont des choses à faire. Comment se permettent-elles d’être présentes dans les lieux citoyens de la vie, dans les lieux de convivialité, dans les lieux d’échanges ; comment leur permet-on d’accéder à ces places sans regard condescendant, sans regard hostile ?
Intégrer les vieux comme tout un chacun, les considérer comme personne d’un certain âge, tout simplement, cela reste à construire dans les quartiers, les villes et les villages.

Etre vieux n’est pas un privilège, être vieux ne donne pas des droits, ce juste milieu, ce regard sociétal, cela reste à construire de l’école jusqu’à toutes les strates de la société et la position de chaque individu.

Les politiques publiques en faveur des personnes âgées définies globalement depuis une quarantaine d’années ont connu un double mouvement :
– d’une part une impulsion forte venant des instances associatives, grâce à l’engagement citoyen et solidaire d’hommes et de femmes se sentant concernés par leurs concitoyens ;
– d’autre part, des politiques publiques d’initiative étatique confirmant des dispositifs et des règles visant à apporter des solutions pour répondre de manière spécifique aux besoins de ces populations.

La décentralisation, tant dans ses aspects anciens que dans les nouvelles donnes, et notamment suite à la loi du 13 août 2004, est une occasion de repenser la manière dont les politiques publiques peuvent se construire à plusieurs.

Les politiques, les personnes concernées, les associations de divers réseaux, doivent se servir de ces « opportunités » pour penser les aspirations et besoins des individus concernés, imaginer des réponses adéquates et pertinentes, globales et coordonnées.

Il faut construire ensemble dans les territoires, pour les investir et les couvrir, des réponses concertées qui concernent des individus par des organisations collectives.

Pour arriver à ces objectifs, il faudrait proposer des assises locales sur le thème de l’imagination au pouvoir pour imaginer une diversité et une diversification des lieux et des modes de vie, des passerelles entre ces lieux, de leur mode d’organisation et de fonctionnement prenant en compte les besoins, les souhaits, les aspirations de ceux qui sont censés les vivre.

Entre droit et devoir, il s’agit de restituer à chacun la légitimité de sa place et de sa parole en fonction de ce qu’il sait, de ce qu’il peut, dans un champ clarifié de compétences dans tous les sens du terme.

Proposer cela, c’est mettre le pied à l’étrier pour qu’il y ait une chance que cela puisse se réaliser. »

Publié dans Contributions | Laisser un commentaire

Plantu, Le Monde et les sexagénaires

C’était en Une du Monde daté 30 novembre – 1er décembre 2008.

D’abord le dessin de Plantu.

(De mauvais esprit prétendent que le Monde s’est trompé
dans le titrage du dessin et qu’il s’agit en fait
d’un autoportrait du dessinateur)

Puis, deux articles et une interview de Louis Chauvel (professeur à Sciences-Po, auteur lors des dernières présidentielles de la très démocratique déclaration : « Si on retirait le droit de vote aux plus de 68 ans, Ségolène Royal serait effectivement élue. »)

Le tout visant à répondre positivement à la question qui ouvre l’article de Une : «Notre société aurait-elle tendance à privilégier les personnes âgées ?»
(on note au passage que le Monde continue d’appeler « personnes âgées » les plus de 60 ans ou de 65 ans, bien que cela fasse une bonne vingtaine d’années que ça n’a plus de sens).

Le tout visant à expliquer ce qu’affirme le sous-titre : Revenu, Patrimoine : mieux vaut avoir plus de 65 ans. »

Simplement quelques chiffres :
Revenus :
Moyenne des retraites autour de 1300 euros par mois.
C’est une moyenne. Qui cache notamment que :
– la retraite moyenne des femmes est inférieure à 1000 euros par mois ;
– moins de 10% des retraités ont une retraite supérieure à 2000 euros ;
– plus d’un quart des femmes retraitées perçoit moins de 700 euros par mois…

Bref, rappelons que ce rappelle l’INSEE :« le revenu disponible moyen des retraités est inférieur de presque 20 % à celui des actifs»

Patrimoine :
L’INSEE nous apprend aussi que « 44% du patrimoine total est détenu par 10 % de ménages français » et qu’il y a, dans ces 10%, des ménages – aisés, très aisés – des ménages de toutes les générations.

— 

Voir aussi la lettre au Monde de l’association Partages, à l’adresse :
http://www.part-ages.com/img/actualite/large/visu_44.pdf

Publié dans Actualité | Laisser un commentaire