Age et accès gratuit au dépistage du cancer du sein

31 octobre, Journée internationale du cancer du sein

AGE demande aux pays membres d’annuler la limite d’âge de l’accès gratuit au dépistage du cancer du sein

 » A l’occasion de la journée du cancer du sein, AGE appelle ses membres à agir en faveur de l’abandon de la limite d’âge quant à l’accès gratuit au dépistage du cancer du sein, ainsi qu’en faveur de l’accès des femmes âgées aux programmes de prévention du cancer en général, et à des prises en charge de qualité dans ce domaine.

« Dans nombre des états membres, les femmes de plus de 75 ans n’ont pas accès aux programmes de dépistage gratuit du cancer du sein bien que le risque de développer une telle maladie augmente avec l’âge » observe Anne Sophie Parent, Directeur de AGE. « De plus, par rapport aux femmes jeunes, les femmes âgées attendent souvent plus longtemps pour recevoir des traitements et les options thérapeutiques sont limitées pour le cancer du sein ».

AGE pose la question de savoir s’il est justifié du point de vue de la santé publique d’arrêter le dépistage gratuit ou de ne plus envoyer de rappels de tests réguliers aux femmes âgées à partir d’un certain âge. Leur refuser l’accès à un service de prévention essentiel réduit leur espérance de vie.

“Les politiques sociales et de santé liées aux questions du diagnostic et du traitement du cancer du sein ne devraient pas discriminer les femmes âgées. Les patients devraient être traités sur la base de leur besoins et du bénéfice qu’ils peuvent tirer d’une prise en charge plutôt que sur la base de leur âge » affirme Anne Sophie Parent.

AGE accueille la journée du cancer du sein comme une opportunité de sensibiliser l’opinion sur les droits des femmes âgées au diagnostic et au soin. Une lettre de AGE au Commissaire Vassiliou apporte des éléments devant être prise en compte par la Commission lors de l’élaboration des nouvelles recommandations en matière de diagnostic du cancer.  »

AGE – la plateforme européenne des personnes âgées.
[www.age-platform.org->http://www.age-platform.org/
]

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Il faut détruire le concept de « Dépendance liée à l’âge »

Dans cet article à paraître dans la revue Gérontologie en janvier 2009 (n°148), l’auteur revient sur la notion de « dépendance », précise ce qu’elle masque et évoque les dangers que provoque son usage. Salutaire.

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Lettre de l’Observatoire de l’âgisme au journal Le Monde

La qualité de politologue, philosophe, économiste ou sociologue ne protège malheureusement pas d’étranges conceptions de la démocratie. Le spectre du « vieillissement de l’électorat » en inspire quelques unes.

Ainsi, en France, le philosophe Yves Michaud propose-t-il à l’occasion d’instaurer ce qu’il appelle une « fin de vie citoyenne » en supprimant le droit de vote à 80 ans. Ainsi, en Suisse, un politologue, Silvano Möckli, a-t-il élaboré un système fort complexe de pondération pour que les bulletins de vote perdent de la valeur au fur et à mesure qu’augmente l’âge de l’électeur.

Ces voix s’élèvent donc pour rétablir une forme de suffrage censitaire, basé demain sur la jeunesse, comme il le fut – notamment en France – sur la richesse. Étrange conception de la démocratie et de la citoyenneté. Car si ces votes devraient être pondérés ou refusés, c’est bien que, pour les tenants d’une telle réforme, le citoyen âgé a perdu de la valeur en prenant de l’âge ! Rappelons qu’il a fallu des siècles à la France pour établir le suffrage universel, et pour que puissent notamment voter les citoyens pauvres (1848) et les citoyens femmes (1944).

L’inquiétant n’est pas l’existence de ces quelques voix, isolées, qui macèrent dans leur coin leur haine de la démocratie. De tous temps, il a paru insupportable à certains que les humains naissent et demeurent égaux en droits. L’inquiétant est le relais que ces personnes trouvent aujourd’hui dans les médias considérés comme les plus respectables. Ainsi Le Monde, dans son édition du 9 octobre, a-t-il publié dans un encadré intitulé « Repères », les lignes qui suivent :

« Suffrages. Pour limiter la « surreprésentation » prévisible des seniors dans le corps électoral des pays développés, plusieurs chercheurs ont proposé de minorer le vote des plus âgés. Le politologue Silvano Möckli (Université de Saint-Gall, Suisse) est allé jusqu’à suggérer d’attribuer un coefficient à chaque classe d’âge : à 18 ans, le multiplicateur serait de 2, puis déclinerait de 0,01 par année. Le bulletin d’une personne de 70 ans ne compterait plus ainsi que pour 1,48. Le système a le mérite de prévoir largement l’allongement de la durée de vie, puisque l’être humain y atteindrait l’âge limite de son existence politique… à 218 ans. »

Comment le lecteur, qui ignore tout de M. Möckli, peut-il juger de sa proposition sans disposer de quelque lumière sur sa légitimité sur la scène de la recherche internationale ? Sans qu’on l’informe du contexte idéologique dans lequel se situent ses recherches et son enseignement ? Faute de ces éléments, voici, grâce au Monde et malgré les guillemets et la légère ironie de la conclusion, la « surreprésentation prévisible des seniors » médiatiquement légitimée comme concept, comme réalité, comme menace. Et les propositions d’un obscur politologue présentées comme une possible solution à un problème qu’il a lui-même créé.

L’Observatoire de l’Âgisme est affligé de devoir donc rappeler que chaque bulletin de vote, dans notre pays, possède la même valeur, quel que soit l’âge, la situation financière, la religion, la couleur de peau ou le sexe de l’adulte qui l’exprime.

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Message du secrétaire général de l’ONU au sujet des droits des personnes âgées

Texte intégral du message du Secrétaire général des Nations Unies, M. Ban Ki-moon, à l’occasion de la Journée internationale des personnes âgées célébrée le 1er octobre :

 » Le thème de cette Journée internationale des personnes âgées, « Les droits des personnes âgées », est particulièrement bien choisi puisque nous fêtons cette année le soixantième anniversaire de la Déclaration universelle des droits de l’homme.

L’ONU œuvre depuis longtemps à la promotion de l’indépendance, de la participation et de la dignité des personnes âgées, qui est aussi l’axe autour duquel s’articule la mise en œuvre du Plan d’action international de Madrid sur le vieillissement. Lorsqu’ils ont adopté ce plan il y a six ans, à la deuxième Assemblée mondiale sur le vieillissement, les États Membres de l’Organisation se sont engagés à éliminer toutes les formes de discrimination, y compris la discrimination fondée sur l’âge. Ils ont affirmé que les personnes qui vieillissent doivent pouvoir s’épanouir, rester en bonne santé, vivre en sécurité et participer activement à la vie économique, sociale, culturelle et politique de leur société. Et ils se sont dits déterminés à faire mieux reconnaître la dignité des personnes âgées et à éliminer toutes les formes de négligence, de mauvais traitements et de violence.

Malgré ces engagements, dans bien des parties du monde, les droits des personnes âgées sont foulés aux pieds chaque jour. Les personnes âgées sont souvent victimes de discrimination au travail. Socialement, elles souffrent parfois d’un manque de reconnaissance et de respect. Et il ne leur est pas toujours donné la possibilité d’être associées et de participer pleinement à la vie sociale, économique, culturelle et politique. Plus grave encore, dans de nombreux pays, les cas de négligence, de mauvais traitements et de violence à l’égard de personnes âgées ne sont pas rares ou isolés, loin s’en faut.

La reconnaissance du rôle crucial que les personnes âgées jouent dans la société est un des piliers du Plan d’action de Madrid. Le premier bilan de la mise en œuvre du Plan, qui a eu lieu cette année, a clairement montré qu’il reste beaucoup à faire, au niveau des pays, pour aider les personnes âgées et leur assurer un revenu sûr, des services de protection sociale, des soins de santé de qualité et une prise en charge à long terme. Pour que cela soit possible, les politiques nationales axées sur le vieillissement doivent être considérablement améliorées et les préoccupations des personnes âgées doivent être systématiquement prises en compte dans les orientations générales des pays.

Cette Journée internationale est l’occasion de susciter un débat sur la promotion des droits des personnes âgées et de renforcer les partenariats créés pour assurer leur participation pleine et entière à la vie de la société. Nous devons redoubler d’efforts pour que les droits des personnes âgées soient respectés et que le rêve d’une société pour tous les âges devienne réalité.  »

Source : http://www.un.org/News/fr-press/docs/2008/SGSM11830.doc.htm

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Lettre de l’Observatoire de l’âgisme à Bernard-Henri Lévy

« Cher Monsieur,

Dans un « point de vue » paru dans Le Monde du 21 juillet 2008, intitulé « De quoi Siné est-il le nom ? », vous avez exprimé vos inquiétudes quant aux propos tenus par Siné, au début de l’été, dans Charlie Hebdo et aux différentes réactions qui s’ensuivirent.

Concernant Siné, vous y écrivez :

« Et quand on est face à ça, quand on voit un vieil humoriste – qui, en effet, ne sait sans doute pas vraiment ce qu’il dit – manipuler des chaînes signifiantes qui ont toujours, partout, avec une régularité implacable, mis le feu dans les esprits, la juste attitude n’est pas de minimiser, ratiociner, discuter à perte de vue des dosages respectifs, dans l’énoncé incriminé, du poison de la haine et de l’excipient gentiment ricaneur – elle est de déclencher, sans attendre, ce que Walter Benjamin appelait les « avertisseurs d’incendie ». »

L’Observatoire de l’âgisme, sensible à toute forme de discrimination ou de stéréotype fondé sur l’âge, s’étonne, s’inquiète même, de l’équivalence que vous suggérez entre l’âge de l’humoriste et la conscience qu’il a (ou plutôt qu’il n’aurait plus) de ses propos et de leurs conséquences.

Siné aura 80 ans dans quelques mois. Est-ce donc globalement un âge où « en effet, l’on ne sait sans doute pas vraiment ce que [l’on] dit » ? Une telle incompétence touche-t-elle seulement les vieux humoristes où l’ensemble des octogénaires ? Doivent-ils tous désormais être considérés comme irresponsables de leurs pensées et de leurs propos ?

L’âgisme, comme toutes les formes de racisme, use bien souvent de ce procédé qui consiste à attribuer à une personne, à l’ensemble d’une « catégorie » de personnes, uniquement à cause de leur âge, d’autres caractéristiques, psychiques, morales, sociales, etc. « Le vieux », « les vieux » sont dès lors forcément avares ou gâteux ou réactionnaires…

Vous comprendrez pourquoi, connaissant votre vigilance quant à la dangerosité d’un tel procédé, nous avons été fort surpris d’en voir une forme, certes atténuée, mais néanmoins bien réelle, sous votre plume.

Veuillez recevoir, cher Monsieur, nos respectueuses salutations. »

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Un senior, c’est plus fort que toi !

On se souvient de la Campagne 2007 pour l’emploi des « seniors ».

Dans l’esprit « Un senior, c’est plus fort que toi ! »

Tristement ridicule :

Patrick dit : « Je peux vous battre aux jeux vidéos à l’aise. » On remarque que Patrick parle « à l’aise ». C’est un « senior » qui a su rester jeune, un bon senior.

Emilie dit : « Je peux courir un marathon aussi vite que vous. » « Aussi vite », pas « plus vite » : Emilie est plus humble que Patrick. C’est normal, c’est une femme. Stéréotype classique. Quand le sexisme et l’âgisme peuvent se cumuler, pourquoi se priver ?

Quoi qu’il en soit, quels arguments ! Il faudrait donc employer des « seniors » car les « seniors » peuvent gagner les jeunes au jeux vidéos et courir aussi vite que les jeunes ! (car le « vous » auquel s’adressent ces seniors, c’est « nous », les jeunes…)

Passons.
2008.
Nouvelle campagne.

A nouvelle France, nouvel esprit. Le côté « jeune toujours » est abandonné, au profit de quelques films (« à destination des chefs d’entreprises et DRH ») censés mettre en valeur des éléments plus importants : le type de travail, la transmission des savoirs, etc.

Ces films, censées être du Ministère du travail, valent le détour. le premier est réalisé par la société Vinci, le second par le société Axa. Les deux dressent le portrait du « senior employable » : celui qui accepte d’être mobile et de changer de métier. Sois bonne pâte, senior, bonne pâte à modeler, et on te modèlera.

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Fin des limites d’âge à l’embauche chez EDF : la Halde satisfaite

Fin des limites d’âge à l’embauche chez EDF: la Halde satisfaite

 » PARIS – La Haute autorité de lutte contre les discriminations (Halde) a salué jeudi dans un communiqué l’abrogation de la limite d’âge à l’embauche des agents permanents chez EDF, qui empêchait jusqu’alors le recrutement de candidats de plus de 40 ans.

Un décret du 2 juillet modifiant le statut national du personnel des industries électriques et gazières (IEG) a abrogé la limite d’âge qui fixait à 40 ans l’âge limite pour pouvoir être embauché sur un emploi permanent à EDF, a précisé la Halde, qui « avait été saisie par plusieurs personnes écartées, en raison de leur âge, des procédures de recrutement d’EDF ».

Dans une délibération de mai 2008, la Halde avait estimé que « les limites d’âge fixées par EDF pour l’embauche de candidats constituaient une discrimination, et qu’elles n’étaient pas justifiées par la nécessité d’une période d’emploi raisonnable pour la retraite ».

La limite d’âge, qui était incluse dans le statut du personnel d’EDF, était jusqu’alors liée à l’existence d’une durée minimum d’affiliation au régime spécial des IEG, pour bénéficier d’un droit à la retraite au titre de ce régime modifié depuis par la réforme des régimes spéciaux de retraite.

La Halde « avait donc recommandé au Premier ministre, au ministre de l’Ecologie, de l’Energie, du Développement durable et de l’Aménagement du territoire, ainsi qu’au président d’EDF, de supprimer ces conditions d’âge ».  »

©AFP / 28 août 2008.

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Retraite : la limite d’âge pour rachat de trimestres est discriminatoire

AFP, 12 août 2008

 » La Haute autorité de lutte contre les discriminations (Halde) a jugé discriminatoire le refus du rachat de trimestres d’études supérieures pour le calcul de la retraite d’un salarié, au motif qu’il avait plus de 60 ans, a-t-elle annoncé mardi dans un communiqué.

La Halde, qui a été saisie par un salarié de plus de 60 ans, recommande l’abrogation de cette condition d’âge, dans sa délibération datant du 31 mars et publiée au Journal Officiel du 1er août.

Le ministère du Travail a précisé mardi à l’AFP qu’un « décret simple » modifiant le code de la sécurité sociale et permettant de passer de 60 à 65 ans l’âge limite de rachat des trimestres d’études supérieures pour tous les salariés, serait « publié prochainement », sans en préciser la date.

Le dispositif actuellement en vigueur, et jugé discriminatoire par la Halde, prévoit la possibilité de rachat des années d’études supérieures jusqu’à l’âge de 60 ans pour les fonctionnaires, les actifs relevant du régime général de la Sécurité sociale, les professions non salariées artisanales, industrielles et commerciales et les agriculteurs non salariés.

Pour les professions libérales, les ministres des cultes et membres des congrégations et collectivités religieuses, cette possibilité est offerte jusqu’à 65 ans.

La Halde recommande l’ouverture du droit de racheter les années d’études supérieures jusqu’à la liquidation de la pension. « 

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Une France ou une Europe de « vieillards » ?

Dans l’émission « C dans l’air » du 1er juillet 2008, Jacques Marseille, économiste et professeur à Sciences Po, assène que « l’Europe est une Europe de vieillards », reprenant là une antienne presque aussi vieille que la démographie française.

Souvenons-nous par exemple de Jacques Dupâquier, ancien directeur de l’INED, affirmant l’an dernier lors d’un discours à l’Académie des sciences morales et politiques : « En 2050, l’aspect de la société française sera radicalement modifié et elle ressemblera beaucoup plus à un hospice qu’à un gymnase-club. »

Il faut donc bien rappeler quelques chiffres.

En 2007, dans l’Europe des 27 (source : Eurostat) :

83% de la population européenne est âgée de 0 à 64 ans.

Mais précisons : même nos Jacques (le premier a 63 ans, le second 86 ans) s’accorderont à considérer qu’une part importante des personnes de plus de 64 ans ne sont pas des « vieillards » ! A qui réserveraient-ils cet aimable qualificatif : aux personnes âgées de plus de 80 ans, par exemple ?

En 2007, 4,3% de la population européenne est âgée de plus de 80 ans. 4,3%.
Un pourcentage qui sera à son plus haut niveau vers les années 2050, où environ 9% des européens seront octogénaires (et où, soit dit en passant, seule une partie de ces 9% seront des personnes ayant besoin d’aide pour des actes de la vie quotidienne).

Quoi qu’il en soit, que les « vieillards » représentent 4% ou 9% d’une population, ils ne représentent une « majorité » ou ne transforment un pays en hospice que dans l’imagination gérontophobique de nos Jacques.

Seule la phobie de la vieillesse explique en effet que des démographes ou économistes en arrivent à nier ainsi la réalité des chiffres et à prendre leurs cauchemars pour des lanternes.

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Vers la fin d’une discrimination âgiste envers les personnes handicapées ?

L’Unapei annonce une avancée au profit des personnes handicapées : elles ne devraient plus perdre, du jour de leurs 60 ans, le bénéfice indispensable de différentes mesures.

Soulignons que cette promesse d’avancée ne change rien aux inquiétudes liées au projet de « 5e risque » du gouvernement – un projet qui semble distinguer radicalement les personnes handicapées de moins de 60 ans et les personnes handicapées de plus de 60 ans. Nous y reviendrons.

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