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Trois ressources importantes parues en ce mois de novembre 2021 concernant l’âgisme anti-vieux (que nous appelons ainsi pour bien rappeler qu’il existe aussi un âgisme qui touche les jeunes, et bien les distinguer) en contexte/période de Covid :
– Un article parlant des premiers résultats d’une enquête ayant lieu au Québec sur les événements survenus dans les CHSLD (équivalents des EHPAD en France) durant les mois Covid. Une enquête qui révèle différentes formes d’euthanasie par absence ou pénurie de ressources soignantes…
https://www.ledevoir.com/societe/644301/enquete-sur-les-chsld-de-l-agisme-systemique-dans-les-chsld
– Un article co-écrit par plusieurs universitaires canadiennes, « La pandémie de Covid-19 a aggravé l’âgisme dans notre société ». Une analyse de certains des effets particulièrement forts de l’âgisme durant cette période : infantilisation, discours accusateurs et hostiles, renforcement des stéréotypes sur les personnes dites âgées, etc.
Pour le lire, c’est par ici :
La pandémie de Covid-19 a aggravé l’âgisme dans notre société
– Un article de presse, au Québec : « Première vague en CHSLD: des aînés victimes de négligence criminelle, estime le Conseil pour la protection des malades »
Remarque :
Tout cela au Canada, au Québec, et pas en France ?
Evidemment voyons ! L’âgisme sévit dans tous les pays occidentaux, sauf en France, la patrie parfaite des parfaits Droits de l’Homme parfait…
Tandis que le CCNE rend sur le sujet un avis dont le Gouvernement ne tient pas compte, tandis que de nombreuses agences de santé, dans d’autres pays, déconseillent la vaccination systématique des mineurs en bonne santé, le Gouvernement français a décidé brusquement d’étendre le « passe sanitaire » aux enfants de plus de 12 ans.
Face à cette « décision brutale », des chercheurs et des professionnels de santé sonnent l’alerte, indiquant notamment :
« Aussi, il est clair que si l’on vaccine les mineurs, il est assumé que ce n’est pas pour leur bien mais pour contribuer à une immunité collective. Autrement dit, on vaccine les enfants parce qu’on n’arrive pas à vacciner tous les adultes, ou plus exactement, parce qu’on ne fait pas l’effort suffisant pour aller vers les personnes vulnérables. Cette obligation est d’autant plus retorse qu’elle repose en réalité sur un transfert de responsabilité vers les parents.
Si, comme le Comité consultatif national d’éthique (CCNE) dans son avis du 9 juin dernier, les parents estiment que « le recul existant ne permet pas d’assurer la pleine sécurité de ces vaccins chez l’adolescent », ils se retrouveront alors face à un choix douloureux : priver leur enfant de lien social ou prendre le risque de le faire vacciner, choix dont ils devront assumer seuls la responsabilité en cas d’éventuelles complications, sans même parler des conflits entre parents que pourrait alimenter ce dilemme, et dont l’enfant se retrouvera à la fois la victime et l’enjeu, ou des éventuels désaccords entre parents et mineurs, ces derniers devant en dernière instance se soumettre à la décision de leurs parents.
Dans ce contexte, l’obligation vaccinale des enfants se révèle en rupture majeure avec les principes éthiques en santé, comme le rappelle le même CCNE: « (…) est-il éthique de faire porter aux mineurs la responsabilité, en termes de bénéfice collectif, du refus de vaccination d’une partie de la population adulte ? » et « (…), si la vaccination leur était présentée comme leur seule chance de retour à une vie normale, cette pression effective poserait la question de la validité de leur consentement. »
Ci-dessous, l’intégralité du texte, en provenance de :
https://blogs.mediapart.fr/les-invites-de-mediapart/blog/190721/extension-du-pass-sanitaire-aux-enfants-et-adolescents-des-chercheurs-et-des-professio
Extension du pass sanitaire aux enfants et adolescents : des chercheurs et des professionnels de santé sonnent l’alerte
Face à la « décision brutale » d’étendre le « passe sanitaire » aux enfants de plus de 12 ans, des chercheurs et des professionnels de santé sonnent l’alerte : « Ces annonces du 12 juillet doivent nous ébranler, nous les professionnels de santé alors même que nous glissons sur une pente dangereuse pour le pacte social qui guide notre façon de vivre »
Lundi 12 juillet, dans une allocution télévisée, l’obligation vaccinale vient d’être annoncée de facto par la généralisation du « pass sanitaire » pour les activités du quotidien. Un revirement de plus, qui s’ajoute à la cacophonie des contradictions qui s’accumulent depuis mars 2020, puisqu’encore en avril 2021, le président de la République assurait que « Le pass sanitaire ne sera jamais un droit d’accès qui différencie les Français. Il ne saurait être obligatoire pour accéder aux lieux de la vie de tous les jours comme les restaurants, théâtres et cinémas ».
La raison invoquée est l’échec d’une prétendue stratégie vaccinale fondée sur l’incitation. Il faudrait dès lors en passer par des mesures coercitives, impliquant un arsenal répressif pour les faire respecter.
Le problème est qu’on décrète l’échec d’une stratégie… qui en réalité ne s’est jamais déployée
Pour qu’il y ait échec de la stratégie vaccinale, encore faudrait-il qu’une stratégie se soit déjà déployée, en s’appuyant sur des leviers éprouvés et reconnus comme efficaces en santé publique. Mais comme pour les tests ou pour le traçage, cela n’a pas été le cas. La difficulté qu’il s’agit d’affronter n’est pas la fronde des « anti-vax » (ultra minoritaires)[1] mais fortement relayés par les médias.
Les populations cibles non encore vaccinées sont le plus souvent des personnes hésitantes qui se perdent dans les déclarations contradictoires, qui ne savent pas précisément si elles sont ou non éligibles, ni à quel type de vaccin, ou bien qui sont inquiètes des effets indésirables à court ou à long terme, ou encore qui sont trop éloignées du système de soins. Ce sont aussi les victimes de la fracture numérique, amplifiée par les modalités digitales de prise de rendez-vous. Ce sont enfin les plus vulnérables, les plus défavorisés, les personnes âgées isolées, laissées au bord du chemin d’une vision de type « start-up nation » passant par les nouvelles technologies et les éléments de langage distillés dans les médias plutôt que par une stratégie de soin humaine et de proximité.
Pourtant, tout cela pourrait se résoudre par la mobilisation des médecins traitants, qui depuis des mois demandent à avoir les moyens de vacciner.
Elle pourrait recevoir le renfort de tous les professionnels de santé, du médico-social et du social, des acteurs du quotidien, des collectivités territoriales, de l’assurance maladie… dans une stratégie « d’aller vers ». C’est ainsi, en téléphonant « tout simplement » aux personnes âgées isolées, que des pays voisins comme l’Espagne ont atteint une couverture vaccinale de 100% chez les plus de 80 ans. On pourrait ainsi renforcer l’action développée par certains CCAS qui prennent contact avec les personnes âgées et gèrent leur déplacement jusqu’au lieu de vaccination.
Que la France ait la plus mauvaise couverture vaccinale en Europe de l’Ouest chez les personnes âgées devrait pour le moins nous interroger[2].
Appeler, rencontrer, parler, expliquer, rassurer, mais aussi prendre le temps de recueillir un « consentement libre et éclairé », exigé par la loi de 2002 pour tous les actes de santé… mieux qu’une application numérique ou qu’un spot de communication culpabilisant, n’est-ce pas cela qui constitue, le coeur de la santé publique ?
Enfants et adolescents : de nouveaux « outils » pour contraindre
Alors face à l’échec d’une « stratégie » de santé publique qui n’existe pas, le bâton est à nouveau brandi. Il ne s’agit pas ici de faire l’apologie des libertés individuelles menacées. En tant que chercheurs et / ou acteurs de santé, les auteurs de cette tribune ont évidemment conscience que le bien collectif prime, en la circonstance, sur les libertés de chacun.
Mais ils souhaitent attirer l’attention sur un déséquilibre des rapports bénéfice-risque des mesures qui s’accentue depuis le début de cette crise au désavantage d’un public en particulier : les enfants et les adolescents. Non seulement parce qu’ils sont les plus fragiles et les plus vulnérables aux décisions des adultes mais aussi parce qu’en termes de santé publique, ils sont et doivent rester la priorité des priorités.
Or soyons clairs, les principales victimes de la gestion de la crise sont, et ne cessent de l’être à chaque vague, les enfants et adolescents: santé mentale, violences, sédentarité, insécurité alimentaire et malnutrition, … le bilan sanitaire de la gestion de crise chez les jeunes dépasse et dépassera chez ces derniers de beaucoup les impacts de l’épidémie elle-même[3], et ceci particulièrement en France[4].
Le 10 juillet, Alain Fischer souhaite voir la vaccination des adolescents déployée en milieu scolaire notamment pour « atteindre indirectement les parents »[5]. Le 12 juillet, le président de la République étend le « pass sanitaire » aux enfants de plus de 12 ans, rendant leur vaccination de facto obligatoire … À moins que leurs parents aient le coeur, après un an et demi de privation, de leur interdire toute vie sociale en dehors du temps scolaire. Ainsi, on ne vaccine pas ses enfants pour leur santé, mais parce qu’on nous assène que c’est le seul moyen de retourner à une vie normale. Le vaccin protège à 100% du confinement, indiquait le ministre de la santé.
Ce revirement doit collectivement nous interroger à deux titres. Dans la première déclaration il s’agit « d’utiliser » les enfants pour amener les parents à se faire vacciner. Dans la seconde, il s’agit de proposer un choix étonnant : l’administration d’un produit de santé contre une liberté. Les bornes de l’éthique en santé publique ne sont-elles pas dépassées ?
Un revirement, qui est aussi un virage, transgressant les principes fondamentaux de l’éthique en santé publique
Car rappelons-le : la vaccination doit être un acte de santé, ce qui signifie que seul un motif sanitaire peut la justifier. Les enfants et adolescents doivent-il être vaccinés ? Il n’est pas du tout certain que ce soit la priorité aujourd’hui, et ceci pour deux raisons. La première est que les données en vie réelle confirment que la vaccination est très efficace contre les formes graves chez les personnes à risque élevé.
La priorité est donc d’éviter les hospitalisations, les admissions en réanimation et les décès en vaccinant les personnes vulnérables par leur âge ou leur état de santé qui représentent la quasi-totalité de ces formes graves. Cette priorité devient une urgence alors que le variant delta hautement transmissible se diffuse. C’est la stratégie adoptée par un grand nombre de pays dans le monde.
La seconde raison est que chez les enfants et les adolescents en bonne santé, l’intérêt du vaccin est, d’un point de vue strictement sanitaire et avec les connaissances dont nous disposons aujourd’hui, discutable en raison d’un rapport bénéfice-risque très limité voire défavorable. En effet, par exemple le risque d’hospitalisation liées à des complications des vaccins à ARN messager (notamment les myocardites) pourrait être selon certaines estimations préliminaires supérieur au risque d’hospitalisation lié au covid chez les adolescents et adultes jeunes[6].
Les effets indésirables du vaccin sont d’autant plus inacceptables que, d’un autre côté, chez des mineurs sans comorbidité, le risque de forme grave lié à une infection covid est extrêmement faible et celui de décès est quasi nul. Si une majorité d’agences sanitaires déclarent que le rapport bénéfice-risque est favorable chez les jeunes, à notre connaissance, aucun de ces avis à ce jour n’a publié des estimations chiffrées différenciant les mineurs en bonne santé et ceux qui ont des comorbidités préexistantes (et qui eux, en revanche, ont une indication claire en faveur du vaccin). L’urgence de vacciner les jeunes est d’autant moins impérieuse que l’essai justifiant une autorisation de mise sur le marché conditionnelle n’a pas encore fourni tous ses résultats.
C’est ce qui explique la récente position du Joint Committee on Vaccination and Immunisation (JCVI) anglais du lundi 19 juillet 2021 : le JCVI ne conseille pas la vaccination systématique des enfants en bonne santé, sur la base des preuves actuelles. Pour le JCVI, les avantages minimes pour la santé d’une vaccination des enfants contre le COVID-19 ne l’emportent pas sur les risques potentiels. Enfin, pour es experts anglais, une approche de précaution est préférable jusqu’à ce que davantage de données de sécurité soient disponibles et aient été évaluées[7].
Aussi, il est clair que si l’on vaccine les mineurs, il est assumé que ce n’est pas pour leur bien mais pour contribuer à une immunité collective. Autrement dit, on vaccine les enfants parce qu’on n’arrive pas à vacciner tous les adultes, ou plus exactement, parce qu’on ne fait pas l’effort suffisant pour aller vers les personnes vulnérables. Cette obligation est d’autant plus retorse qu’elle repose en réalité sur un transfert de responsabilité vers les parents.
Si, comme le Comité consultatif national d’éthique (CCNE) dans son avis du 9 juin dernier, les parents estiment que « le recul existant ne permet pas d’assurer la pleine sécurité de ces vaccins chez l’adolescent », ils se retrouveront alors face à un choix douloureux : priver leur enfant de lien social ou prendre le risque de le faire vacciner, choix dont ils devront assumer seuls la responsabilité en cas d’éventuelles complications, sans même parler des conflits entre parents que pourrait alimenter ce dilemme, et dont l’enfant se retrouvera à la fois la victime et l’enjeu, ou des éventuels désaccords entre parents et mineurs, ces derniers devant en dernière instance se soumettre à la décision de leurs parents.
Dans ce contexte, l’obligation vaccinale des enfants se révèle en rupture majeure avec les principes éthiques en santé, comme le rappelle le même CCNE: « (…) est-il éthique de faire porter aux mineurs la responsabilité, en termes de bénéfice collectif, du refus de vaccination d’une partie de la population adulte ? » et « (…), si la vaccination leur était présentée comme leur seule chance de retour à une vie normale, cette pression effective poserait la question de la validité de leur consentement. »
Ces annonces du 12 juillet doivent nous ébranler, nous les professionnels de santé alors même que nous glissons sur une pente dangereuse pour le pacte social qui guide notre façon de vivre : solidarité, protection des plus faibles que ce soit les personnes âgées, les malades chroniques, les personnes vulnérables, mais aussi les enfants et adolescents.
Elles doivent nous alerter, nous les chercheurs dans le domaine de la santé, sur l’incapacité dont nous avons fait preuve à peser sur les décisions, sur les failles de notre système de santé à intégrer des données probantes portant sur les stratégies de prévention et à favoriser leur appropriation par l’ensemble des citoyens.
Enfin, elle doivent nous réveiller, nous les citoyens, les parents, les accompagnants des plus jeunes alors même que des mesures les ciblent sans que l’on ait épuisé tout ce qu’en tant qu’adultes nous pourrions faire pour les protéger et leur permettre de vivre normalement, en équipant massivement les bâtiments publics et l’ensemble des lieux clos de système d’aération qui ont fait leurs preuves, comme le réclament depuis des mois le monde de l’enseignement et de la recherche et en accompagnant l’ensemble des populations vulnérables par l’information médicale, la prise en charge précoce des symptômes et la vaccination[8].
Face à cette décision brutale, qui transgresse à la fois les principes fondamentaux de notre éthique médicale et ceux de la santé publique, nous appelons à annuler les mesures de restriction annoncées concernant les mineurs. Après un an et demi de privation et d’atteinte grave au développement des plus jeunes, il est urgent de rappeler à tous les responsables de la politique sanitaire de ce pays, mais aussi à tous ses agents et à tous les citoyens que nous sommes, que la valeur d’une société se mesure à la manière dont elle traite ses enfants.
Signataires
François Alla, professeur de santé publique, Université de Bordeaux, Chef du service de prévention CHU de Bordeaux
Gwenaëlle André, gynécologue Obstétricien , Bordeaux
Gaëlle Baudin, éducatrice spécialisée, Gironde
Henri Bergeron, sociologue, directeur de recherche CNRS, Centre de
sociologie des organisation, Sciences Po, Paris
Anne Bernard, psychologue clinicienne, secteur médico-social, Gironde
Olivier Borraz, sociologue, directeur de recherche CNRS, directeur du Centre de sociologie des organisation, Sciences Po, Paris
Linda Cambon, enseignante-chercheuse en santé publique, Université de Bordeaux
Patrick Castel, sociologue, Directeur de recherche de la Fondation Nationale des Sciences Politiques, Centre de sociologie des organisation, Sciences Po, Paris
Florence Cazard, pédopsychiatre, praticien hospitalier, Centre Hospitalier de la Fondation Vallée, Gentilly (94)
Faiza Chermak, praticien hospitalier en gastro-entérologie, CHU de Bordeaux
Marie-Claude Decouard, infirmière anesthésiste, cadre de santé formatrice, membre du comité d’éthique du CHU de Bordeaux
Léo Donzel Godinot, pharmacien de santé publique, Responsable de l’Unité de soutien aux actions de prévention, CHU de Bordeaux
Laurent Gerbaud, professeur de santé publique, Chef du pôle Santé Publique & Médecine Légale et du service de Santé Publique du CHU de Clermont-Ferrand, Chef du pôle Santé Handicap et du service de Santé Universitaire de l’Université Clermont-Auvergne
Patricia Martin, infirmière coordinatrice de soins, Gironde
Olivier Mollier, neurochirurgien, praticien hospitalier, CHU de Bordeaux, membre du comité d’Ethique du CHU
Etienne Nouguez, sociologue, chargé de recherche CNRS, Centre de sociologie des organisation, Sciences Po, Paris
Clémentine Ramanoël, pédopsychiatre, Bordeaux
Valery Ridde, directeur de recherche, Institut de recherche pour le développement, Centre population et développement, Paris et Dakar
Céline Robert, psychomotricienne, Formatrice Conférencière enfance et parentalités, Bordeaux
Barbara Stiegler, professeur de philosophie politique et d’éthique médicale, Université de Bordeaux Montaigne, membre du conseil de surveillance de l’Agence Régionale de Santé Nouvelle Aquitaine
Cyril Tarquinio, professeur de psychologie clinique, directeur du centre Pierre Janet, Université de Lorraine
Stéphane Velut, chef du service de neurochirurgie, CHU de Tours
[1] Schwarzinger M, Watson V, Arwidson P, Alla F, Luchini S. COVID-19 vaccine hesitancy in a representative working-age population in France: a survey experiment based on vaccine characteristics. Lancet Public Health. 2021 Apr;6(4):e210-e221. doi: 10.1016/S2468-2667(21)00012-8. Epub 2021 Feb 6. PMID: 33556325; PMCID: PMC7864787. En
[2] https://qap.ecdc.europa.eu/public/extensions/COVID-19/vaccine-tracker.html#age-group-tab
[3] Cambon L, Bergeron H, Castel P, Ridde V, Alla F. When the worldwide response to the COVID-19 pandemic is done without health promotion. Glob Health Promot. 2021 Jun;28(2):3-6. doi: 10.1177/17579759211015129. Epub 2021 Jun 12. PMID: 34120513.
[4] https://www.hcsp.fr/Explore.cgi/AvisRapportsDomaine?clefr=860 ; https://snmpmi.org/IMG/pdf/etude_covid19-pmi_snmpmi_decembre2020_rapport_synthese.pdf)
[5] https://www.lesechos.fr/politique-societe/societe/covid-le-gouvernement-envisage-des-vaccinodromes-dans-les-colleges-et-lycees-a-la-rentree-1331279
[6] https://www.medpagetoday.com/opinion/second-opinions/93340;
[7] https://www.gov.uk/government/news/jcvi-issues-advice-on-covid-19-vaccination-of-children-and-young-people
[8] https://theconversation.com/debat-est-il-temps-de-changer-de-strategie-face-au-covid-158999
Un lecteur nous écrit :
« Je me permets de vous contacter suite à la publication d’un avis par le comité consultatif national d’éthique sur les questions éthiques liées à l’extension de la vaccination aux personnes mineures.
Le CCNE remet notamment en question l’éthique « de faire porter aux mineurs la responsabilité, en terme de bénéfice collectif, du refus de vaccination d’une partie de la population adulte ».
Alors que le gouvernement a décidé de ne pas tenir compte de cet avis dans sa décision d’étendre la vaccination aux adolescents ne serait il pas important de mettre en avant sur votre site les problématiques éthiques soulevées par cette décision s’apparentant à une forme de discrimination envers les mineurs et donc à de l’âgisme ? »
Il nous a donc paru utile de relayer ce courrier et les éléments concernés.
La page du site du CCNE consacrée au sujet :
https://www.ccne-ethique.fr/fr/actualites/enjeux-ethiques-relatifs-la-vaccination-contre-la-covid-19-des-enfants-et-des-adolescents
L’avis à télécharger :
https://www.ccne-ethique.fr/sites/default/files/enjeux_ethiques_relatifs_a_la_vaccination_covid_08.06.21_0.pdf
On y constate que la question n’est pas en effet tant celle de la politique de vaccination que celle liée à l’âge, sur deux aspects : utiliser les mineurs, qui sont peu concernés, et n’ont pas leur avis à donner, pour obtenir un effet sur l’ensemble de la population ; le faire potentiellement en rendant ça obligatoire, donc en imposant cela aux mineurs… comme on ne l’impose pas aux adultes. Ajoutons que le CCNE souligne qu’on n’a aucun recul sur de potentiels risques des vaccins sur les enfants.
Il souligne également que le gouvernement n’a tenu aucun compte de son avis.
Un avis, demandé, existant… et dont il n’est pas du tout tenu compte. Il semble bien en effet qu’une fois de plus la problématique de l’âgisme n’est non seulement pas pensée, mais même pas perçue…
Jusqu’à présent, les « personnes âgées ou handicapées » ne pouvaient faire librement des dons à des personnes rémunérées pour leur travail auprès d’elles. Une récente décision du Conseil constitutionnel met fin à cette mesure.
Une controverse s’ensuit : pour les uns, dont Diego Pollet, dont nous reproduisons ci-dessous la réaction (parue dans le numéro d’avril 2021 de la revue AJ Famille), cette mesure était âgiste, puisqu’elle considérait toutes les personnes âgées ou handicapées comme en incapacité psychique de disposer librement de leur patrimoine.
Pour les autres, tel Jérôme Casey, dont nous mettons ensuite en pdf l’article (paru dans le même numéro de AJ Famille), ne pas maintenir cette mesure ouvre la porte à des abus de vulnérabilités et va augmenter les maltraitances financières.
Continuer la lectureAu journal de 13h de France-Inter, ce dimanche 24 janvier 2021, était interrogé Xavier Lescure, chef de service à l’Hôpital Bichat. Vers le 12e minute, on peut l’entendre tenir les propos suivants (le contexte est celui du sujet des alternatives possibles à un re-confinement) :
« Soit faire des confinements sur des populations extrêmement à risque, soit admettre que ce qu’on vit après 80 ans c’est du bonus.
Est-ce qu’aujourd’hui est-ce qu’on peut encore s’autoriser ces bonus ?
Je pense qu’il faut prioriser les jeunes générations, les forces actives de la société, les PME.
Je pense qu’il faut qu’on fasse des choix qui sont difficiles. »
De nombreuses réactions ont été reçus suite à ces propos par la médiatrice de Radio France – https://mediateur.radiofrance.com/non-classe/4-les-propos-du-pr-xavier-lescure/
Des propos glaçants, mais… malheureusement peu surprenants.
Il y a quelques semaines, sur CNews, c’est un épidémiologiste, Martin Blachier, qui s’interrogeait sur l’opportunité de réserver « toutes les doses de ces précieux vaccins à des gens qui attendent la mort dans des Ehpad ».
Sur CNews, également, il y a quelques jours, un chef de service à l’hôpital Cochin, Michaël Peyromaure présentait la campagne actuelle de vaccination comme une forme « d’acharnement thérapeutique », affirmant qu’on allait avec un confinement « massacrer un pays pour sauver 30000 vies », précisant à leur sujet : « Pourquoi va-t-on en Ehpad si ce n’est pour y terminer sa vie ? »
Il y a quelques années de cela, Alain Minc tenait des propos de même facture à l’occasion d’une émission télévisée. C’était au sujet de son père. Pour Minc, ce n’était pas du bonus, mais du luxe. Précisément : » Moi, j’ai un père qui a 102 ans. Il a été hospitalisé 15 jours en service de pointe. Il en est sorti. La collectivité française a dépensé 100.000 euros (1) pour soigner un homme de 102 ans. C’est un luxe immense, extraordinaire. Pour lui donner quelques mois, ou j’espère, quelques années de vie. »
Au moins, Alain Minc espérait quelques années de bonus. Il semble qu’aujourd’hui on les redoute. Ces médecins qui s’autorisent à dire tout haut ce qu’ils pensent tout haut, dans un mélange qu’on ignore de toute puissance, de provocation, de psychopathie, en tout cas opposent sans hésiter les vies des uns aux vies des autres, les vies des pas encore vieux aux vies des vieux, des forces vives aux forces-bonus-en-sursis et indiquent clairement aux politiques (avec leur seule et haute auto-légitimité pour juger de telles questions) ce qu’il leur faut faire : ne plus s’autoriser les bonus, faire des choix, prioriser, avec courage (évidemment, puisqu’il y aura sans doute des grognons pour ne pas être d’accord).
Sidérant. Et sidérant que l’AP-HP, qui emploie une partie de ces soignants si certains de qui il faut sacrifier, ne réagisse pas. Mais après tout, est-ce étonnant, si l’on songe que l’AP-HP est dirigé par Marin Hirsch, qui déclarait il y a quelques années, à la radio lui aussi : » Il faut refaire le suffrage censitaire et donner deux voix aux jeunes quand les vieux en ont qu’une. Il faut donner autant de voix qu’on a d’années d’espérance de vie. «
Dicton de décembre :
«Pour Noël et Réveillon
A la cuisine M. Macron.»
Nous venons en effet d’apprendre que M. Macron a été diagnostiqué positif au Covid-19.
Et comme nous sommes encore sous le choc de la brillante proposition du
professeur Rémi Salomon, président de la commission médicale
d’établissement de l’AP-HP : « On coupe la bûche de Noël en deux et papy
et mamie mangent dans la cuisine et nous dans la salle à manger. »
Nous ne pouvons que conseiller à E. Macron de dîner seul, lors des
fêtes, dans la cuisine de l’Elysée, laissant la salle-à-manger aux
« papys et mamie » de son entourage.
P.S. : nous nous devons d’informer nos lectrices et lecteurs qu’une
partie de l’équipe de l’Observatoire de l’âgisme suggère
d’autoriser, pour éviter tout risque d’isolement social et de
dépression, M. Macron à dîner ces soirs-là en compagnie de M.
Salomon, ne doutant pas que la direction de l’AP-HP, toujours généreuse quand il s’agit d’envoyer ses salariées sur le front Covid, ne manquera pas de sacrifier ainsi pour le salut de la France.
Autour de 800 000 étudiants en fin de cursus arrivent dans un contexte de crise où les réalités habituelles (deux à trois fois plus difficile de trouver un emploi avant 25 ans qu’après) sont amplifiées.
Le RSA, lui, n’est toujours pas accessibles aux personnes de moins de 25 ans. Ce phénomène purement âgiste, puisque c’est bien uniquement l’âge de la personne qui lui interdit l’accès au dispositif, que nous dénonçons depuis des années, va donc aussi provoquer dans les mois et années à venir une augmentation des situations de grande pauvreté chez des dizaines de milliers de jeunes.
On notera au passage que ces phénomènes âgistes qui touchent ici les 18-25 ans sont totalement absents de la majorité des actions dites « de lutte contre l’âgisme » qui ne s’adressent en réalité qu’à celles qui touchent les personnes dites âgées. Comme la récente « journée de lutte contre l’âgisme » qui renforce donc, en ne prenant pour objet qu’une seule catégorie de la population victime d’âgisme, l’un des ressorts même de l’âgisme : renforcer les catégories d’âges et les traiter différemment (à situation équivalente, de pauvreté ou de handicap par exemple)…
Pour en lire plus, cet entretien de mai dernier, où Christophe Robert, de la Fondation Abbé-Pierre, tirait déjà l’alarme alors que la situation ne s’était pas encore aggravée :
Le premier ministre, Jean Castex, a récemment déclaré : « Evitons que papy et mamie aillent chercher leurs petits-enfants à l’école. »
Passons sur ce qu’une telle phrase peut révéler, notamment :
– le mépris (habituel depuis des années, et particulièrement fort cette année) pour ce dont M. Castex prive ainsi les enfants et leurs grands-parents
– le mépris pour l’autonomie et le choix ((habituel depuis des années, et particulièrement fort cette année), propre à chaque famille, propre à chaque grand-parent ;
– l’ignorance de l’âge moyen de très nombreux grands-parents : autour de 55-60 ans, qui n’en font pas une population particulièrement à risque…
Pour juste signaler à M. Castex que tout son désir de faire populaire ne justifie pas de la part d’un premier ministre :
– de parler des grands-parents, non en s’adressant à eux, mais à leurs proches, comme si c’était aux autres de les surveiller, diriger, et de leur éviter quelque bêtise ;
– de parler des grands parents en usant de ces termes, « papy » et « mamie », réservée généralement aux membres les plus jeunes de leur famille.
Et lui rappeler que toutes les personnes qui luttent depuis des décennies contre la maltraitance soulignent qu’elle commence souvent (y compris avec les plus gentillounnettes intentions du monde) par l’usage de ce genre de termes par des étrangers. Les grands parents de France ne sont pas plus les « papy » et « mamie » de Jean Castex que celles et ceux de leurs aides soignantes ou de leurs infirmières…
Bref, il serait temps qu’on cesse, en haut lieu, de donner l’exemple permanent de l’infantilisation des grands parents ou des personnes dites âgées.
P.S. : l’âge moyen auquel on devient grand-parent actuellement en France étant l’âge de M. Castex, nous suggérons vivement de faire l’expérience d’appeler le premier ministre « Papy Castex », afin de noter sa réaction.
Sur ce sujet, voir aussi :
https://www.agevillage.com/actualite-19030-1-papys-mamies-rentree-sous-cloche.html
Au Québec, un collectif d’ergothérapeutes, intervenus dans les établissements type EHPAD (CHSLD) durant le confinement, vient d’écrire un courrier au gouvernement pour alerter sur les maltraitances, pratiques illégales, etc., qu’ils ont constaté.
Si les Français veulent se rassurer, ils peuvent toujours jouer les autruches et se dire que ça n’arrive que là-bas…